La nature des huiles essentielles : 1ère partie

Définition : huile essentielle

Les huiles essentielles (HE) sont des des substances odorantes et volatiles, extraites de plantes sous forme liquide. Contrairement à ce que ce nom indique, il n’y aucun corps gras dans les huiles essentielles. Elles proviennent d’une sécrétion naturelle élaborée par certains végétaux pour se protéger des insectes et des maladies, mais aussi pour éliminer les substances issues de leur métabolisme*.

Les huiles essentielles peuvent concentrer jusqu’à 100 fois le principe actif de plusieurs plantes, grâce aux molécules qui agissent en synergie*.

L’activité des molécules biochimiques des huiles essentielles chémotypées* donne un caractère d’efficacité et de polyvalence.

Métabolisme* : Ensemble des transformations biochimiques qui se produisent au sein de la cellule ou de l’organisme

Synergie* : Mise en commun de moyens qui se renforcent entre eux pour aboutir à un même but

Chémotype* : Désigne une entité chimique distincte au sein d’une même espèce appartenant au métabolite secondaire


Localisation interne

L’huile essentielle est élaborée au sein du cytoplasme decertaines cellules sécrétrices. Les gouttelettes d’huiles essentielles s’assemblent par synérèse* pour former une plage plus ou moins étendue. L’huile essentielle peut aussi être localisée dans des poils sécréteurs, dans des poches sécrétrices ou dans des canaux sécréteurs.

On peut également trouver de l’huile essentielle dans les racines, les écorces, le bois, les fruits, les graines, les calices et les tiges.

*synérèse : agrégation spontanée des particules d’un gel

Composition chimique

Les huiles essentielles sont des mélanges complexes de différents constituants chimiques. Cependant, ces constituants peuvent être regroupés en deux grands groupes chimiques en fonction de leurs origines biogénétiques  bien distinctes .il y a le groupe des terpénoïdes* et des composés aromatiques.

Dans les huiles essentielles nous ne pouvons rencontrer que les terpènes (hydrocarbure de formule brute C5H8 produit par le métabolisme secondaire des plantes) les plus volatils. C’est à dire les terpènes dont la masse moléculaire n’est pas trop élevée comme :

  • Les monoterpènes* de formule de base (C5H8)2 où les carbures peuvent être acyclique, monocyclique ou biocyclique
  • les sesquiterpènes* de formule molaire C15H24 qui ont un rôle d’agent de défense dans les plantes et des propriétés anti-inflammatoires
  • Les alcools* possèdent des propriétés antibactériennes
  • les cétones*, qui ont un carbone secondaire portant le groupement carbonyle*, aident à stimuler la régénération des cellules et à favoriser la formation de tissus.
  • les aldéhydes*, qui ont un carbone primaire, sont composés organiques qui possèdent des propriétés calmantes et sédatives. Un des principaux composés aldéhydes, le citral, est anti-infectieux.
  • les esters* ont un effet relaxant et calmant sur le corps
  • les phénols* sont bactéricides et ont des propriétés antioxydantes.

 

Représentation des 2 différentes structures moléculaires du limonène

 

Il existe un hydrocarbure terpènique dans la classe des monoterpènes appelé  «  limonène » très présent dans les essences d’agrumes. Cependant il a deux énantiomères* donc le limonène est un chirale*. Il y a le limonène + qui est un énantiomère R dextrogyre sentant l’orange et le limonène – qui est un énantiomère S lévogyre sentant plus le pin. Ils ont les mêmes compositions chimiques mais pas la même symétrie.

Les dérivés du phénylpropane sont beaucoup moins fréquents que les précédents. Les composés aromatiques sont généralement les allyles* et les propènylphénols.

 

terpénoïdes* :substance naturelle organique

monoterpènes* : une classe de terpènes constitués de deux molécules d’ isoprène C5H8 et ont pour formule de base (C5H8)2. Ils peuvent être linéaire ou contenir des cycles

sesquiterpènes* : une classe de terpènes formée de 3 unités isporène t a comme formule moléculaire C15H24

alcools* :liquide obtenu par la distillation de certains produits et qui possède un groupement hydrogène-oxygène.

cétones* :composés chimiques ressemblant à l’acétone

aldéhydes* : liquide dérivé de l’aclool par oxydation

esters* :corps gras résultant de l’action d’un acide sur un alcool avec élimination d’eau

phénols* : Dérivé oxygéné du benzène

chirale* : Propriété d’un objet à trois dimensions non superposable à son image dans une symétrie par rapport à un plan

allyles* : Radical de l’alcool allylique (alcool éthylénique qui sert à synthétiser la glycérine)


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Published in: on 03/11 at 21 h 15 min  Commentaires fermés sur La nature des huiles essentielles : 1ère partie  

La nature des huiles essentielles : 2ème partie

Aspects et propriétés des huiles essentielles

Les huiles essentielles ont des propriétés organoleptiques communes comme le fait d’être liquides à température ambiante, d’être volatiles et entrainables à la vapeur d’eau. Elles sont aussi très odorantes et incolore ou jaune pâle sauf pour les huiles essentielles de cannelle, girofle, camomille matricaire, vétiver et bouleau où la couleur est relativement foncée.

Les huiles essentielles ont aussi des propriétés physiques communes. Elles ne sont pas solubles dans l’eau mais en revanche elles le sont dans les solvants organiques et huiles végétales. Leurs densités sont inférieures à « 1 » sauf les huiles essentielles de cannelle, girofle, sassafras et ail. Elles sont sensibles à l’oxydation, conservation limitée, à la lumière et à la chaleur. Les huiles essentielles ont des indices de réfractions élevés et des pouvoirs rotatoires*.

pouvoir rotatoire* :Valeur mesurée de l’angle de rotation du plan de polarisation de la lumière dans des conditions expérimentales données

Analyses


  • On peut mesurer la densité relative à 20°C avec un pycnomètre*: 
La densité relative à 20°C d’une huile essentielle est le rapport de la masse d’un certain volume d’huile essentielle à 20°C à la masse égale du volume d’eau distillée à 20°C.

m0 : masse du pycnomètre

m1 : masse du pycnomètre et de l’eau

m2 : masse du pycnomètre et de l’huile essentielle

pyconymètre* : Flacon dont on se sert pour déterminer la densité des liquides ou des solides


  • On peut mesurer l’indice de réfraction à 20°C avec un réfractomètre * d’Abbe. L’indice de réfraction d’une huile essentielle est le rapport entre le sinus de l’angle d’incidence et le sinus de l’angle de réfraction d’un rayon lumineux de longueur d’onde déterminée, passant de l’air à l’huile essentielle maintenue à une température constante.

Réfractomètre* : Appareil destiné à la mesure des indices de réfractions (changement de direction de la lumière au passage d’un milieu à un autre

  • On peut mesurer le pouvoir rotatoire avec un polarimètre*. Le pouvoir rotatoire d’une huile essentielle est l’angle exprimé en milliradians et /ou degrés d’angle dont tourne le plan de polarisation d’une radiation lumineuse de longueur d’onde l = (589,3 * 0,3) nm, correspondant aux raies D du sodium, lorsque celles-ci traversent une épaisseur de 100 mm d’HE dans des conditions déterminées de température.

polarymètre* : appareil de mesure de la polarisation (Propriété des ondes électromagnétiques) d’un corps

  • Pour trouver l’indice d’acide d’une huile essentielle, on recherche le nombre en milligramme d’hydroxyde de potassium nécessaire à la neutralisation des acides libres dans un gramme d’huile essentielle.

  • Pour trouver l’indice d’ester d’une huile essentielle, on cherche le nombre en milligramme d’hydroxyde de potassium nécessaire à la neutralisation des acides libérés par l’hydrolyse des esters contenus dans un gramme d’huile essentielle.

  • Toute les huiles essentielles, aussi complexes que soient leurs compositions, peuvent être analysées par une chromatographie. Ainsi, la composition chimique d’une huile essentielle peut être déterminée sur le plan qualitatif et quantitatif.

  • La chromatographie repose sur l’entraînement d’un échantillon dissous par une phase mobile à travers une phase stationnaire. Celle-ci retient plus ou moins fortement les substances contenues dans l’échantillon dilué.

Les différents composants de l’échantillon ont généralement une vitesse caractéristique qui permet de les séparer, voire de les identifier. Cette vitesse de séparation est fortement dépendante de la nature de la phase mobile et de la phase stationnaire.

Souvent, l’échantillon est analysé par comparaison avec des substances déjà connues dans l’échantillon ou par comparaison avec les résultats de l’analyse d’une solution étalon. Ces substances servent de références et permettent d’identifier ou de doser chaque espèce par comparaison des vitesses de séparation. Il s’agit de chromatographie analytique.

L’étude sur la nature des huiles essentielles nous a appris que ce n’est pas un hasard si les huiles essentielles sont utilisées en médecine. Les différentes espèces chimiques contenues dans les huiles essentielles ont des propriétés bien réelles pouvant aider à renforcer le processus naturel d’auto-guérison d’un organisme.

Published in: on 02/11 at 23 h 14 min  Laisser un commentaire